Dargilan, la grotte rose

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Cette grotte, située au Sud de la Lozère, doit sa découverte en 1880, par un jeune berger poursuivant un renard venant de pénétrer dans la fissure d'un rocher. Le jeune caussenard eut si peur des colonnes et stalagmites qu'il prit pour des fantômes, d'autant plus que sa voie résonnait bizarrement sur les parois rocheuses, qu'il dégarpilla très rapidement. Edouard Alfred Martel, fondateur de la spéléologie moderne, lorsqu'il entendit parler de cette histoire se fut un plaisir de découvrir la grande salle pour commencer puis la totalité de la grotte en 1888. C'est lui qui découvrit également l'aven Armand avec Louis Armand.

Dargilan est remarquable par son panel de couleurs du blanc au marron foncé voire au gris en passant par le beige, les ocres et le rose (grâce à l'oxyde de fer), d'où son petit nom. Notre guide, une pationnée de spéléo en général et de Dargilan en particulier, était parfaite par son enthousiasme et la qualité de ses explications.

Sur toutes les photos en intérieur qui suivent, rien n'est mou, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Il s'agit essentiellement de calcite, très dure mais humide de par son origine souterraine. La calcite doit sa formation à l'eau de pluie passée au travers de la roche calcaire qui devient alors acide (sur la troisème photo vous verrez le plafond d'où sortent les goutelettes en créant de petites stalatites). En tombant au sol de la grotte, ces gouttes finissent par composer des concrétions. Il aura fallut "juste" 500 000 ans pour en arriver aux presque 20 mètres de la plus grande de la grotte (dernière photo), rien que ça ! Tout est vivant, en perpétuel mouvement quasi-invisible.

La visite de cette grotte est très agréable car variée sur un peu plus d'un kilomètre de balade plus ou moins sportive (ahhhhhh, les marches du retour !) en fonction des différents niveaux. Au début, nous entrons dans une salle avec de nombreux éboulis pour ensuite suivre un ancien lit de rivière souterraine depuis longtemps asséché mais fabuleux par la richesse des draperies (la plus grande du monde sur 2000 mètres carrés de surface d'un seul tenant : 100 mètres de long sur 25 de haut et jusqu'à 3 mètres d'épaisseur) qui se devoilent sur les parois ainsi que par la multitude de couleurs naturelles comme celle de quelques retenues d'eau verte, le tout aux travers de plusieurs salles et galeries. Ce qui renvoie une impression de merveilleux et d'époustouflant c'est cette diversité de couleurs des différentes matières minérales. Rien que de se dire que l'eau coulait ici à une époque où à l'extérieur courrait des dinosaures est fabuleux et active un imaginaire pour nous les "hommes civilisés" comme je les apprécie tant par leurs nombreuses contradictions (je m'égare du monde souterrain concret pour rejoindre le monde humain et spirituel là...)

Une belle découverte pour nous, simples visiteurs mais complexes individus ! 

grotte rose de dargilan 1Vue de l'entrée de Dargilan

grotte rose de dargilan 3Des fistules, dits "macaronis" car ils sont creux (mais se remplissent peu à peu pour former ensuite des stalagtites)

grotte rose de dargilan 2Un plafond

grotte rose de dargilan 6Une partie du mur de draperies

grotte rose de dargilan 7grotte rose de dargilan 4Petit puits aveugle au plafond dans l'ancien lit souterrain de la Jonte

grotte rose de dargilan 8grotte rose de dargilan 5La plus grande colonne de Dargilan dite "le clocher" pesant environ 120 tonnes sur 18 mètres de haut

sabrina 12/09/2014 18:49

terriblement impressionnant!
j'en fais de merveilleuses découvertes à travers tes tickets

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