Etude sur le mutisme sélectif

A l'heure actuellle, Jihanne ne voit aucun professionnel pouvant l'aider dans sa pathologie. Ceux qui pourraient l'aider avec une thérapie comportementale sont inexistant par chez nous quant à ceux que nous avons rencontrés, ils n'ont pas compris, ne connaissent pas le mutisme sélectif pour pouvoir nous être utiles. Petit apperçu de ce que nous avons subit avec le dernier rencontré où j'étais présente :

Monsieur est assis, il prend ma fille dans ses bras, sur ses genoux, dos de Jihanne contre son ventre à lui. Il passe ses bras autour d'elle et la maintien. Je vous rappelle que le ma fille ne parle à aucun adulte et ne les regarde pas dans les yeux. Déjà, j'ai trouvé qu'il y allait fort pour un premier entretien avec un tel contact physique. Evidemment, ma poulette n'était pas à l'aise et m'appelait en essayant de retirer les bras de cet homme qui l'emprisonnaient. J'ai demandé au psychologue de la lâcher, il a refusé, je me suis dit que j'étais venue pour qu'il aide ma fille, j'ai fait confiance. Jihanne s'est mise à hurler, à pleurer, ne faisait que dire "Maman". J'ai dit à ce spécialiste de la petite enfance que cela suffisait, qu'il fallait qu'il la lâche et là il m'a dit "mais avouez, quand est-ce que votre fille a déjà crié ainsi ?". J'était totalement dépassée, ma fille n'a jamais hurlé "Maman" de cette façon, si supliante, c'était juste HORRIBLE comme vision, ma fille coincée dans les bras de cet homme, suante (c'était en été), innondée de larme, implorante, me regardant en ne comprenant sans doute pas pourquoi je laissais faire ce monsieur. J'ai fini par lui dire que peut-être un jour, alors que j'allais à une réunion de parents d'élèves, qu'elle avait pleuré pour que je ne parte pas mais que c'était rien comparé aux hurlements actuels et que de toute façon mon mari m'a confirmé par SMS 2 minutes après qu'elle allait très bien. De là il me dit "Il ne faut pas que nous ayons fait tout ceci pour rien, dites moi quand votre fille a crié comme ça ?" "Jamais Monsieur, même quand elle est née elle n'a pas hurlé". J'ai fini par le suplier, moi même en sanglots, de la lâcher. Une véritable torture cette scéance. Nous étions toutes les deux avec des yeux complètement bouffis d'avoir pleuré. J'ai même craints qu'elle n'en soit traumatisée. Nous étions tellement désamparées en sortant que nous avons mis près d'une heure à retrouver notre voiture. J'étais perdue... dans tous les sens du terme. Voilà notre dernière consultation chez un pédopsychiatre. En relatant cet épisode à mon mari, je lui ai dit que même lui si calme et non violent lui aurait collé un pain dans la tronche pour qu'il lache sa fifille adorée !

      Je ne laisse pas tomber ma fille mais j'adapte. Je ne lui demande pas de dire Bonjour, Merci, Pardon, je sais que ça ne dépend pas de sa volonté, qu'elle en est incapable. J'attends toujours avant de combler le vide de ses non-réponses auprès des personnes ne la connaissant pas, des fois qu'elle se débloque, comme ça, par l'opération de Dieu Parole. Je ne fuis pas pour autant toute sociabilité, elle nous voit dire nos politesses, discuter avec des commerçants, des amis, des inconnus. Elle vient avec nous dans des lieux inconnus. Elle parle aux enfants et même en la présence d'un adulte maintenant.

Et pour en revenir au titre de ce post, je viens de trouver une étude sur le  sujet http://www.unige.ch/cyberdocuments/theses2002/AubryC/these_body.html

Cette étude ne me semble pas assez représentative car la majorité des enfants atteints sont des filles et là, seulement la moitié. De plus, 30 cas, c'est très peu. Par rapport à Jihanne, certes elle a du caractère, est volontaire mais ni plus ni moins que sa soeur par exemple. Elle a toujours été mutique, c'est donc une pathologie primaire la concernant. Elle serait névrotique (définition : relatif à la névrose, affection caractérisée par des troubles psychiques dont le malade a conscience)... Là, je ne peux pas me prononcer, cela dépasse mon rôle de Maman. Elle n'a jamais "fait" dans son lit, n'a aucun soucis de sommeil, n'a aucun trouble du langage mais se fige dès qu'il faudrait qu'elle prenne la parole face ou en présence d'un ou plusieurs adultes. Elle défoule sa frustration dès qu'elle sort de l'école pouvant mener à des situations délicates pour moi (par exemple, elle râle beaucoup, crie) mais maintenant je fais avec, faut bien que ça sorte. Ceux qui nous regardent bizzaremment, je m'en moque ! L'école demeure LE lieu de ses angoisses. En présence d'un de ses parents, Jihanne est une enfant tout à fait normale. Ceux qui la cotoie sans la connaître la pensent timide puisqu'ils la voient bien jouer et parler aux autres enfants. Pendant un temps, j'ai eu du mal avec la politesse, je me sentais jugée de ne pas demander à ma fille de dire bonjour lorsque je venais de le faire et qu'on le lui disait. C'est là, maintenant, que je laisse passer. J'explique en 3 mots si les personnes insistent mais c'est tout. Je sais ce que mon éducation vaut, je sais ce que ma fille vaut. Les jugements hâtifs ne me touchent plus, j'en ai assez souffert, je ne me culpabilise pas car je sais que je n'y suis pour rien. Mes 4 enfants ont été élevés de la même façon, avec beaucoup d'amour, beaucoup de présence. Ils ont tous été allaité longtemps, certes Jiji un peu plus, ont tous dormi avec nous jusqu'à ce que nous disions stop (et l'ont tous très bien compris). Nous avons toujours privilégié le dialogue et l'écoute. Honnêtement, je ne vois pas ce que MOI aurait pu faire pour induire ce mutisme à part accoucher chez nous (le seule différence avec les 3 autres). La maladie de ma Maman peut-être ? Ma Maman était la seule personne adulte à qui elle parlait. Les nouvelles études montrent bien qu'il n'y a pas forcément de cause, CQFD, ouf ! Il était essentiel pour nous, pour notre famille, que j'arrête de me culpabiliser. Maintenant, nous faisons ce qui est dans nos possibilités pour aider notre fille au mieux. Par exemple, son papa l'accompagnera pendant son voyage scolaire de 4 jours.

Jihanne me semble plus sereine à présent, moins en conflit avec les autres enfants, forcémment parce que mon attitude a évoluée, les enfants sont des éponges émotionnelles. Elle sait s'isoler s'ils la "maltraitent" trop. Le monde enfantain est sans pitié, c'est difficile et peinant d'assister à certaines scènes, notamment de rejet. D'un autre côté, je sais que c'est elle qui est différente, je ne peux pas en vouloir à ses "copines" de la considérer autrement puisque c'est le cas. 

Voilà, un p'tit point sur la situation actuelle. Je comprends petit à petit, en lisant des témoignages d'adultes anciens mutiques notamment, que sa parole pourrait ne jamais se débloquer.

proxima 17/10/2015 09:52

Bonjour,
Votre témoignage m'a profondément touché. Je vous souhaite beaucoup de courage.

Dame Olina 22/10/2015 14:50

Merci proxima !

Encore aujourd'hui, un médecin (remplaçant) a voulu que je tienne ma fille de force pour lui enfoncer une spatule de bois (style manche de glace) et qu'elle face "Ahhhhhhh" en lui disant qu'elle n'avait pas que ça à faire d'attendre qu'elle ouvre sa bouche pour regarder sa gorge... grrrrrrrrrrrr. Je vois un autre doc ce soir (je l'espère plus psychologue et patient...)

lili 25/03/2014 10:19

Bonjour, Je suis maman d'une petite fille de 8 ans et demi qui a eu un mutisme sélectif jusqu'à 7 ans et qui s'en ai presque totalement sorti (juste les poésies sont encore dur à réciter en classe
entière). J'ai vu dans ton blog que tu connaissais l'association ouvrir la voix qui est juste géniale car c'est grâce à leur kit école que j'ai pu faire sortir ma fille du Mutisme à l'école (avant
j'avais vu 2 pedopsy qui franchement n'avait rien apporté à part me culpabiliser un peu plus comme si je le faisait déjà pas assez moi même). Tous ça pour te dire que j'ai fait des séances avec ma
fille dans sa salle de classe pour baisser son angoisse à l'école, après plusieurs séances et quand on a vu qu'elle était très à l'aise la maitresse est venus nous rejoindre progressivement
(d'abord derrière la porte fermé, puis ouverte, puis au bord de la classe et de plus en plus prés) et elle a pu commencer à parler devant la maitresse puis directement à elle. La maitresse était
venue chez nous aussi. Ca a été très long mais ça en vaut le coup. Je ne sais pas si tu connaissais déjà le kit école de l'assoc mais il a de très bons résultats surtout à l'âge de ta fille qui est
encore jeune (vers le collège c'est plus dur à mettre en place). C'est bizarre je chercher plus des blogs sur le maternage l'éducation bienveillante mais quand j'ai vu cette article je me suis dit
que je pouvais peut être t'aider. Courage à vous dans ce long chemin pour sortir du Mutisme sélectif mais après les voir si bien à l'école on regrette pas tout ce temps et cette énergie mis pour
les aider à s'en sortir. Si tu veux en parler plus n'hésite pas à me contacter ou va sur la page facebook de l'association qui est riche de conseils et de rencontre de parents accompagnant leur
enfant dans leur combat pour s'en sortir.

Olina 25/03/2014 11:35



Tout d'abord, merci pour ton message.


Je connais ce kit école et le succès de cette méthode pour certains enfants. Mon principal soucis pour l'an dernier avec son maître et cette année avec sa maîtresse aura été de trouver un
professionnel (psychologue) pour nous accompagner. Pour la suite, je t'envoie un mail car c'est trop perso... !



sabrina 07/03/2014 18:48

je lis vos commentaires à ttes les deux.
Il y a quand même l'espoir que ça évolue avec l'âge vu que c'est avec les adultes que Jihanne a semble t-il le plus de mal à établir une relation.Vu qu'elle va grandir...
Comment se comporte t-elle dans le cadre d'activités artistiques? sportives? avec d'autres

sabrina 07/03/2014 18:44

je suis littéralement choquée de l'attitude et du manque de professionnalisme de ce pédopsy! quelle violence!! Jihanne aurait pu en effet en être traumatisée.
J'imagine que trop bien ce que tu as ressenti durant ces moments qui ont dû te paraître interminables!
C'est malheureux qu'aucun professionnel ne puisse vous aider car l'incompréhension des autres,leur jugement fait que surement vs culpabiliser encore plus alors qu'il n'y a pas lieu d'être.
Est ce que ta fille souffre de ses maux,elle les exprime?
Je vous souhaite bcp de courage ds ce parcours.On sent votre cheminement au fil de tes posts en tout cas.Gros bisous!!

mgaga 07/03/2014 15:12

est-ce que du coup c'est considéré légalement comme un handicap (ce qui malheureusement accentue encore l'exclusion..comme par exemple avec les hyperactifs)

mgaga 07/03/2014 14:16

Coucou
dans tout ce que tu lis, y a t'il un âge où cela se "règlerait" de soi-même (par exemple en arrivant à l'âge adulte ?) ou bien ses anciens "mutiques" ont fait quelque chose de particulier pour en
sortir ?

Olina 07/03/2014 15:07



De tout ce que j'en lis : pas de déblocage. Les euls mutiques qui s'en sont sortis sont ceux qui ont pu bénéficier d'une thérapie comportementale au sein de l'école (souvent le lieu des
angoisses) avec une équipe professionnelle pluridisciplinaire. Pour les autres, ils sortent de leur mutisme en devenant eux aussi adultes. Il existe plusieurs mutismes sélectifs. Certains ne
parlent pas du tout à l'extérieur de chez eux et parlent à tout le monde chez eux, Certains sont bloqués face aux adultes (comme jiji), d'autres face aux enfants... beaucoup d'autres encore.


Pour ceux qui sont dans le cas de Jiji, j'ai peu d'espoirs... Ils arrivent à parler un peu en devenant adultes mais restent toujours en retrait. De plus, en grandissant, ils se sous-estiment, se
dévalorisent et peuvent tomber dans des troubles psychologiques encore plus importants de part leur exclusion sociale involontaire... Pour l'instant, nous allons aider au mieux notre fille pour
qu'elle reste joyeuse, heureuse, confiante en elle et pour abaisser ses angoisses. Je cherche toujours un bon professionnel entre Nîmes et Montpellier...



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