Visite du médecin scolaire

J’ai aujourd’hui assisté à une véritable torture de Jihanne : l’examen du médecin scolaire pour tout enfant de 6 ans. Non pas que ce médecin l’ai tourmenté, pas du tout (disons presque pas !), mais c’est l’attitude de ma fille. Elle a montré une angoisse extrême, un contrôle de soi hallucinant pour parvenir à ne pas sortir une seule parole alors qu’elle connaissait toutes les réponses. Elle montrait d’ailleurs très rapidement des dessins lorsque le médecin lui posait des questions à leur sujet. Elle s’est trituré les doigts, la bouche, a tortillé, tordu et retordu son sous pull jusqu’à en faire disparaître la moitié, enroulé autour de sa main, dévoilant son épaule et son aisselle (j’ai en sourit alors que j’avais envie de pleurer).

Je sais ce que représentent le mutisme et les angoisses de Jihanne d’aller à l’école mais alors là, de le constater, c’était horrible. C’est incroyable l’énergie qu’elle déploie afin de ne pas parler, dingue, dingue, dingue. Je sais qu’elle a besoin d’expulser toute sa frustration et ses retenues  à la fin de ses demi-journées d'école lorsque je la récupère, c’est logique. Mais là, autant de craintes, autant de manifestations physiques de ses tourments, je ne l’imaginais pas, je ne savais pas à quel point elle pouvait se faire mal (car elle se fait mal intérieurement de ne pas parler, c’est flagrant, c’était incontestable cet aprèm). Le médecin n’est pas sa maîtresse, elle ne la connaissait pas cette personne exigeant d’elle des réponses. Jihanne doit se sentir mieux avec sa maîtresse et avec les ATSEM qu’elle connaît, heureusement. Ce médecin qui lui posait tout un tas de questions en lui demandant, en plus, pourquoi elle ne VOULAIT pas parler. J’ai essayé de lui expliquer que ma fille ne parlait pas par envie mais par impuissance. Que son mutisme ne dépendait pas de sa volonté mais qu’elle n’y parvenait pas car cela l’angoisse. Pour elle, je ne devrais pas dire que Jihanne est mutique (elle l’est pourtant bien) mais au contraire lui demander de parler. Je me suis justifiée en lui expliquant que depuis 1 an que nous avons diagnostiqué sa pathologie, nous n’avons plus d’exigences de parole envers notre fille, que nous l’épaulons, lui expliquons qu’elle peut parler à qui elle veut, quand elle y arrivera (et non pas, surtout, quand elle « voudra »). Que nous n’attendons rien d’elle, que nous l’aimons, la soutenons, que nous comprenons ses difficultés etc… Depuis que nous ne la culpabilisons plus du tout (demander à un enfant de dire BONJOUR alors qu’elle en est incapable et de lui dire qu’elle est malpolie, c’est la culpabiliser. C’est ce que nous avons pu lui dire quand elle était plus petite), Jihanne est parvenue à parler devant des adultes, maintenant elle arrive même à les regarder dans les yeux, ce qui était très loin d’être le cas y’a 1 an.

Enfin, bref, notre poulette va bien mieux depuis, elle a réalisé d’énormes progrès, même si elle mange encore ses cheveux et ses ongles par exemple. Certes, elle ne parle toujours pas aux adultes mais toutes ces évolutions positives nous donnent beaucoup d’espoirs. Et puis c’est bon en tant que parent de sentir un mieux-être même si ce n’est pas DU bien-être. Jihanne est sur une pente positive, douce mais acsendante. Nous allons tout mettre en œuvre pour que notre fille se sente véritablement bien, soit à l’aise et heureuse, que son niveau d’angoisse baisse en espérant que la parole viendra alors toute seule, comme une magnifique fleur qui éclot.

 

Prochaine étape : de l’arthérapie...

lili 27/03/2014 19:57

Oh tu as accouché à domicile magnifique, c'est le seul regret que j'ai de ne pas avoir pu le faire. Mais pour le reste pareil que toi allaitement très long (mais ça les instits peuvent pas le voir,
pas de poussette juste du portage jusqu'à ce que l'enfant n'en ai plus besoin et c'est surtout sur ça que les reflexions pleuvaient et aussi comme toi le fait que je ne grondait jamais ma fille car
elle ne parlait pas. En tout cas c'est super de positiver ça ne peut que l'aider

sabrina 27/03/2014 15:56

il n'y a pas de prise en charge même par votre mutuelle?

sabrina 26/03/2014 15:35

elle évolue petit à petit Jihanne grâce à votre soutien et votre compréhension; tu peux être fière d'elle!!
Hâte de savoir si cette nvelle thérapie lui sera bénéfique.Gros bisous!

Olina 27/03/2014 15:00



J'espère que ça collera bien entre la thérapeute et Jiji et surtout que ce ne sera pas trop honéreux... 



sabrina 26/03/2014 15:32

elle évolue petit à petit Jihanne grâce à votre soutien et votre compréhension.Tu peux être fière d'elle!!
Hâte de savoir si cette nvelle thérapie lui sera bénéfique.
Gros bisous

lili 26/03/2014 10:19

Et moi je dirais aussi connu et reconnu dans l'éducation nationale car pour ma fille en maternelle à part me sentir juger sur comment j'élevais mes enfants car il me voyais porter en écharpe ma
2eme enfant et me prédisais donc le même destin pour ma 2eme et étentendre des "elle le fait exprès" "mais c'est de votre faute vous la couvait trop" "mais si vous insistiez, si vous la fachiez
elle parlerait" et j'en passe je n'ai reçu aucune aide. Heureusement qu'en CE1 une institutrice formidable m'a enfin écouté et à accepter de nous aider. Donc moi je pense que si l'éducation
nationale formait un peu plus les instituteurs aux enfants différents et donc informait aussi sur le mutisme sélectif ça aiderait bien des parents et des enfants.

Olina 27/03/2014 15:10



Si je te disais que j'ai accouché chez moi, que je l'ai portée  pendant toute sa petite enfance, qu'elle a tété à la demande tant qu'elle a voulu (jusque + de 3 ans)... Les gens sont en fait
jaloux avec leur réflexion, ils n'ont eux pas osé donner ce que leur enfant leur demandait et le regrette (c'est ce que je me dis !)


Mais tu as raison, la formation est indispensable. Il y a tant de choses à faire au sein de l'EN... Je suis DPE (Déléguée des Parents d'Elèves) depuis quelques années et quand je vois ce que nosu
fournissons comme énergie à demander que les choses évoluent et le résultat (ou plutôt l'absence de résultat), c'est presque démoralisant parfois.


Je suis jugée comme une mauvaise mère de ne pas demander à ma fille de dire bonjour. Moi aussi j'ai eu droit à des réflexions déplacées de personnes ne connaissant pas ce mal dont souffrent (ou
souffraient pour toi) nos enfants. Maintenant, je ne fais plus attention, je me concentre sur les progrès de ma fille


Depuis que je sais ce dont souffre ma fille et surtout depuis que je l'ai accepté elle va mieux. Maintenant, j'attend de trouver un bon professionnel qui puisse appuyer ce début de mieux-être et
l'approfondir pour parvenir à l'oralisation... nous positivons !!



lili 25/03/2014 23:29

C'est vrai que c'est dur pour nous de voir cette angoisse envahissante que ressentent nos enfants mutiques quand on leur demande de parler. Moi j'avais eu la chance qu'à la visite des 6 ans le
médecin soit prévenue par la maitresse et que du coup le médecin n'insiste pas et accepte même des aménagements pour lui permette de répondre (comme chuchoter dans mon oreille et que je
retranscrive la réponse à haute voix). Mais le problème c'est que tout dépend sur le médecin sur qui on tombe. Et pour le conseil de lui demander de parler je suis d'accord avec toi il ne vaut
mieux pas le faire car plus on insiste, plus l'enfant angoisse et plus longtemps il mettra à se débloquer.Vivement que le mutisme sélectif soit plus connu pour que les enfants mutiques soient mieux
compris, d'ailleurs je ne sais pas si tu as vu le reportage qui est passé au journal de 20 h de france 2 le 19 mars qui aura au moins le mérite qu'on parle pour une fois de ce problème à une heure
de grande écoute

Olina 26/03/2014 09:15



J'ai vu ce reportage en replay, son instit' de l'an dernier m'en ayant parlé !


Oui, il est essentiel pour nos enfants que cette pathologie soit connue et reconnue, surtout par le corps médical.



Terre d'Olina © 2009-2015 -  Hébergé par Overblog